Bonjour,
Votre situation est effectivement complexe, mais elle n'est pas sans solution. Il faut distinguer plusieurs volets : l'exécution du jugement, la procédure collective, et la situation fiscale.
Tout d'abord, concernant les sommes non payées. Le jugement des prud'hommes est définitif et constitue une créance certaine. Toutefois, la mise en procédure de sauvegarde de l'entreprise bloque les poursuites individuelles. Cela signifie que votre conjoint doit passer par la procédure collective et non plus agir directement contre l'employeur.
Dans ce cadre, il est indispensable que la créance soit déclarée auprès du mandataire judiciaire. Le fait que le premier courrier ait été envoyé à une mauvaise adresse est problématique, mais pas forcément irrémédiable. Le mandataire ayant accepté de transmettre à nouveau les documents, il faut vérifier que la déclaration a bien été enregistrée. En cas de silence, il est possible de relancer formellement le mandataire par courrier recommandé pour obtenir confirmation de la prise en compte de la créance.
Ensuite, concernant l'AGS (garantie des salaires). En principe, les sommes dues au titre d'un jugement prud'homal peuvent être prises en charge, sous conditions. Si le dossier a été transmis début 2025, un délai est possible, mais un silence prolongé n'est pas normal. Là encore, une relance écrite est nécessaire, éventuellement via le mandataire qui est l'interlocuteur principal de l'AGS.
Concernant la déclaration fiscale, c'est un point distinct mais important. En matière d'impôt sur le revenu, le principe est que les sommes sont imposables lorsqu'elles sont effectivement perçues, et non lorsqu'elles sont simplement dues. Le fait que l'employeur ait déclaré l'intégralité des 16 000 € alors que votre conjoint n'en a perçu qu'une partie est contestable. Vous avez déjà engagé une démarche auprès de l'administration fiscale, ce qui est la bonne voie. Il faudra insister en apportant les preuves des paiements réellement reçus (relevés bancaires, versements CARPA). Si nécessaire, un recours auprès du médiateur des finances publiques peut être envisagé.
S'agissant d'une éventuelle action contre le dirigeant ou l'assistante, il faut être prudent. Pour engager une responsabilité pénale (plainte), il faut démontrer une intention frauduleuse clairement établie, par exemple une manœuvre destinée à tromper ou nuire. Le simple fait d'avoir déclaré trop tôt les sommes aux impôts ou d'avoir envoyé un courrier à une mauvaise adresse ne suffit pas en soi, sauf preuve d'une volonté délibérée. En revanche, ces éléments peuvent être utilisés dans un cadre civil pour contester les conséquences subies.
Enfin, même si votre avocate considère le dossier "terminé", ce n'est pas totalement le cas tant que les sommes ne sont pas recouvrées. Vous pouvez lui demander explicitement une relance ou, si nécessaire, envisager de reprendre le suivi avec un autre conseil.
En résumé, les actions prioritaires sont de vérifier officiellement la déclaration de créance, relancer le mandataire et l'AGS par écrit, et poursuivre la contestation auprès de l'administration fiscale avec des preuves concrètes des sommes perçues.
Je vous remercie par avance de bien vouloir mentionner que la question est résolue.
Bien cordialement.
il y a 8 heures
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